Pas de recrues avant 2018, un problème pour le Real ?
En décembre dernier, à peine installé sur le banc du Real Madrid, Zinédine Zidane avait été confronté à un problème auquel il n'était pas préparé. Pour avoir été trop gourmand dans sa quête de stars de demain, son club s'est vu interdire de recruter par la FIFA pendant deux mercatos. Il y a assurément mieux comme nouvelle pour commencer dans des fonctions aussi prestigieuses, mais la chance qu'il a eue c'est que la sanction prononcée n'était pas à effet immédiat. Aujourd'hui, neuf mois et une intersaison après, la punition est confirmée. Le Français se serait bien passé de ce problème, mais est-ce vraiment préjudiciable pour les ambitions que lui et sa direction nourrissent ?
Une chance pour la jeunesse du club
Durant le dernier mercato, et contrairement aux étés précédents, le Real s'est démarqué par son immobilisme. Mais cette inactivité n'était pas du tout contrainte. Ce n'est pas le président Florentino Perez qui a voulu réduire la voilure -même si ça l'a arrangé-, mais plutôt le staff technique, et à sa tête ZZ, qui a limité les requêtes. Celles-ci ont même été tellement réduites que le renfort qui a fait le plus de bruit durant l'intersaison a été celui du préparateur physique Antonio Pintus. Etait-ce une manière de confirmer la maxime qui dit qu'on ne change pas une équipe qui gagne à la suite du triomphe en Ligue des Champions ?
Non, si le Real s'est gardé de trop dépenser c'est surtout parce que Zidane croit aveuglement en son groupe actuel. L'ancien meneur des Bleus a fait preuve de la même discrétion qui le caractérisait lorsqu'il était joueur. Aucun de ses éléments majeurs n'ayant filé ailleurs, à l'exception de Jesé qui a été remplacé par le revenant Alvaro Morata, il n'avait aucune raison d'exiger de nouvelles signatures. L'unique raison qui aurait pu le pousser à le faire c'est justement d'anticiper la sanction de la FIFA. D'aucuns relèveront que ce problème a été négligé. Or, c'est précisément pour ne pas en souffrir, ou alors d'en limiter les effets, que le choix a été fait de miser sur les jeunes.
Certes, les Borja Mayoral, Alvaro Medran et Omar Mascarell ont tous quitté le club récemment, mais il y a eu la promotion du prometteur attaquant Mariano Diaz que Zidane connait très bien pour l'avoir coaché en Castilla. D'autre part, Lucas Vazquez, dont l'horizon paraissait bouché il y a encore quelques mois, a reçu l'assurance d'un temps de jeu plus conséquent. Et il y a aussi eu le rappel de l'excellent Marco Asensio. Après s'être aguerri au haut niveau à Majorque et à l'Espanyol, ce dernier prouve depuis l'entame de la saison qu'il a parfaitement sa place au sein de cette belle équipe. À 20 ans, il fait même montre d'une incroyable maturité pour un élément de son âge.
Zidane devra combattre la routine
Il serait prématuré d'affirmer qu'avec tous ces joueurs, en plus de ceux qui ont contribué au sacre continental, le Real est armé pour tenter de détrôner le Barça et continuer à rivaliser avec les meilleurs d'Europe. Et le faire aussi sans la moindre aide extérieure pendant seize mois. Mais le bénéfice de doute peut être accordé aux Merengue. Les supporters peuvent être confiants, d'autant plus que la direction merengue a eu la très bonne idée de ne pas se séparer de James Rodriguez. Alors qu'il avait des envies d'ailleurs, le Colombien a été cadenassé et l'on peut imaginer que même sans avoir son niveau de 2014/15 il peut encore être d'une grande utilité à la formation madrilène.
En termes de quantité et de qualité, le Real Madrid n'est donc pas à court de munitions. Et il ne le sera pas sauf une incroyable hécatombe de blessures. Toutefois, il y a tout de même un danger qui semble guetter ce groupe. Celui de l'usure. En manquant de se renouveler, le Real s'est mis à la merci d'une monotonie qui n'est pas recommandable pour les clubs à grandes ambitions, et dont le principe va presque à l'encontre de la si précieuse émulation. Pour Zidane, c'est peut-être là que se situe le véritable défi, à savoir maintenir l'ensemble de son groupe sous tension pendant une longue période sachant que sans une redistribution de cartes aucun vestiaire n'est à l'abri d'une implosion soudaine.
Credit: goal.com



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